Maurice Koechlin

Maurice Koechlin, l’ingénieur sans qui la Tour n’existerait pas

Jeudi 28 avril 2022

Modifié le : 02/05/22

Portrait de l’auteur de l’avant-projet de la Tour de 300 mètres !

Le franco-suisse Maurice Koechlin est un des ingénieurs et collaborateurs les plus fidèles de Gustave Eiffel. Né le 8 mars 1856 à Buhl dans le Haut-Rhin, il est embauché en 1879 par l’entreprise Eiffel, fraîchement diplômé de l’école Polytechnicum de Zurich. Elève de Karl Culmann, Maurice Koechlin y découvre la statique graphique (une méthode entièrement géométrique de résolution des problèmes de mécanique statique) qui lui servira grandement pour la conception de la Tour.

Ce jeune et brillant ingénieur rejoint l’entreprise pour s’atteler à la difficile tâche de diriger le bureau d’études de l’entreprise. Quatre mois avant son arrivée, Theophile Seyrig, un collaborateur de longue date de Gustave Eiffel, avait quitté la direction du bureau d’études suite à des désaccords profonds. Son remplaçant relève le défi et son premier fait d’arme consiste à effectuer l’ensemble des calculs pour le célèbre Viaduc de Garabit, magnifique ouvrage pour les chemins de fer que l’on peut toujours admirer dans le département du Cantal en France. Il participe également à l’élaboration de la structure de la Statue de la Liberté avec Auguste Bartholdi.

Maurice Koechlin

L’auteur du 1er croquis de la Tour

Koechlin travaille étroitement avec Emile Nouguier, un autre ingénieur en charge des études techniques et des montages, arrivé dans l’entreprise 3 ans avant lui. En 1884, l’idée d’une tour géante est dans l’air du temps. En granit, en maçonnerie, les projets naissent mais ne font pas long feu. Aux ateliers Eiffel, en mai 1884, les deux collègues, Maurice Koechlin et Emile Nouguier, discutent de la future Exposition universelle qui aura lieu à Paris et se demandent ce qui pourrait être fait « pour lui donner de l’attrait ». Ils évoquent une tour très haute, en métal, la spécialité Eiffel. Le 6 juin 1884, Maurice Koechlin effectue chez lui un calcul sommaire et le premier croquis d’une tour métallique de 300 mètres qu’il intitule « Pylône de 300 mètres de hauteur » ! 

Dessin Pylone Koechlin

Téléchargez le dessin en haute résolution 

Ce schéma est directement inspiré des grandes piles des viaducs métalliques construits par Eiffel dans cette période. Très sommaire et peu esthétique, il propose déjà la quintessence du génie de la conception de l’ouvrage :  quatre pieds, de robustes poutres liaisonnées entre elles par des poutrelles en treillis qui s’élèvent obliquement pour se rejoindre au sommet, la forme incurvée des piles pour mieux résister au vent…

L’heure est venue de présenter le projet au grand patron, qui n’est guère impressionné et ne retient pas le projet. Il autorise cependant ses collaborateurs à poursuivre l’étude.

Gustave Eiffel enfin convaincu !

Ainsi Koechlin et Nouguier travaillent avec l’architecte Stephen Sauvestre pour rendre le projet à la fois plus esthétique et plus attractif. Le projet retravaillé et « décoré » est à nouveau soumis à Gustave Eiffel, juste avant d’être exposé à l’Exposition des Arts décoratifs en septembre 1884. Celui-ci est séduit et dépose un brevet aux noms d'Eiffel, Nouguier et Koechlin !

Dessin brevet Eiffel

Deux ans plus tard, en novembre 1886, le projet est adopté officiellement pour que la « Tour de 300 mètres » soit construite et présentée comme la sensation de l’Exposition Universelle de 1889. 

Fidèle lieutenant de Gustave Eiffel, Maurice Koechlin supervisera la conception (5300 dessins !) et les nombreux calculs, puis il surveillera de près les travaux de fondation et de construction du monument entre 1887 et 1889.

Une vie dédiée à l’ancienne entreprise Eiffel

En 1893, Gustave Eiffel se retire des affaires et de son entreprise, éclaboussé par le scandale du Canal de Panama. La compagnie des établissements Eiffel se renomme alors Société de construction de Levallois-Perret, et c’est Maurice Koechlin qui en prend la direction. L’entreprise continue de travailler dans la fabrication d’ouvrages d’art métallique pour les chemins de fer et les routes. Même retraité, Maurice Koechlin reste à la fin des années 1930 toujours impliqué dans l’entreprise et la vie de la Tour. Il siégeait encore comme Président du Conseil d’administration des Anciens établissements Eiffel (nouvelle appellation de l’entreprise de Levallois Perret depuis 1937) et de la Tour.

Aurait-on dû plutôt appeler le monument la tour Koechlin au lieu de la tour Eiffel ? A cette question, c’est le principal intéressé qui y répond le mieux ! Interrogé en 1939 dans le magazine « La Renaissance » pour les 50 ans de la tour Eiffel, il avance en toute modestie les propos suivants : « Le Père incontestable de la Tour c’est Eiffel […] un inlassable persévérant […] Il en demeure le grand réalisateur et l’homme d’assez de prestige et d’audace qui a pu secouer les pouvoirs publics et imposer son projet. » 

Eiffel et Koechlin sont restés amis jusqu’à la mort de Gustave Eiffel en 1923.

Maurice Koechlin, lui, s’éteint le 14 janvier 1946 à Veytaux en Suisse. 

Au 1er étage de la tour Eiffel, pour rendre hommage à ses deux inventeurs, la coursive extérieure entre le pilier sud et le pilier ouest a été renommée « Rue Maurice Koechlin et Emile Nouguier ».
 

Coursive Maurice Koechlin

 

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